il faut rendre justice : aujourd'hui, 31 mai, il fait beau sur Havoysund, c'est à dire qu'il y a plus d'éclaircies que d'averses de neige. Le vent est tranquille, et devrait d'ailleurs passer à l'est pour un bout de temps, ce qui est une bonne affaire pour repartir vers le sud-ouest. Le taud a été enlevé pour être prêt à partir ou aller faire un tour en attendant les livraisons. Mais j'ai comme l'impression d'être accroché au ponton d'Havoysund comme une bernique sur son caillou, et il va falloir un bon coup de "couteau" pour s'arracher de là, tant de mauvaises habitudes de glande totale ont été acquises.... Le frigo est encore trop plein pour que cela vaille le coup d'aller pêcher.... tout au moins tel est le raisonnement en mode glande, précisément!
jeudi 31 mai 2012
mardi 29 mai 2012
les facéties d'YRNO
yr.no est le site de la météo Norvégienne qui donne pour toute ville une prévision très détaillée, heure par heure. Je n'ai pas eu le réflexe ce matin de faire une copie d'écran pour Havoysund, mais c'était à peu près le même que pour ce soir et demain, avec de sympathiques icones de soleil :
Et voici la (triste) réalité (les photos ont été prises avec le téléphone)
Et voilà où je passe mes journées, la fameuse cabane du port, chauffée, connectée à la toile, et suffisamment loin de toute tentation d'Artic Beer.
Les mâles suédois, totalement insensibles aux facéties d'YRNO, pêchent sans relâche, et de mon coté j'ai renoué avec une ex-activité professionnelle, alignant des lignes de code abscons attendant toujours la balise!
Et voici la (triste) réalité (les photos ont été prises avec le téléphone)
Et voilà où je passe mes journées, la fameuse cabane du port, chauffée, connectée à la toile, et suffisamment loin de toute tentation d'Artic Beer.
Les mâles suédois, totalement insensibles aux facéties d'YRNO, pêchent sans relâche, et de mon coté j'ai renoué avec une ex-activité professionnelle, alignant des lignes de code abscons attendant toujours la balise!
dimanche 27 mai 2012
hibernation
L’hibernation à Havoysund risque de se prolonger
dramatiquement pour cause d’arnaque éhontée de la part d’UPS qui devait
acheminer rapidement, pour un prix astronomique, la fameuse balise et qui
rallonge de jour en jour le délai de livraison. Si cela se confirme je lance
une campagne nationale de boycott d’UPS !
Pendant qu’une bonne partie de la France sue et/ou bronze
sous un anticyclone en béton, ici pas de risque de surexposition aux UV, de
dessèchement de la peau, de pollution atmosphérique : pluie, vent de 25 à
40 nœuds non stop, sans même la nuit pour masquer cette grisaille qui persiste
24h/24.
L’univers de l’hibernateur se résume à un ponton tout à fait
luxueux, voisinant avec des yachts très classe.
Ilanoo a été transformé en tanière, plus ou moins
négligée.Consolation, le taud plie mais ne rompt pas sous les rafales.
Les sorties, en ciré et bottes, se résument à la COOP
(500m), le bar de l’hôtel (150 m), et la cabane du port avec douches et
machines à laver (150m). Et un contact avec une française qui a des gîtes dans
le coin, citée dans le Routard, et apparemment assez contente de papoter avec
un ‘pays’. Mais je n’ai même plus un produit d’importation à lui proposer pour
boire un coup, l’avitaillement initial ayant été fait en dépit du bon sens (du
lait à la place de pinard !!!!).
La seule activité locale visible est la pêche amateur (la
saison de pêche professionnelle est terminée), l’hôtel louant des gîtes
(abusivement appelés rorbuer) et des petits bateaux à des groupes,
majoritairement de mâles suédois, qui jour et ‘nuit’, si le vent est inférieur
à force 7, sortent 2 ou 3 heures, reviennent vider leurs poissons, les ranger
dans une chambre froide et repartent.
route pêche
Et pour finir ce message d’un optimisme débridé, une carte
postale (le lieu de pêche des mâles suedois) que vous ne verrez pas dans les
couloirs du métro, dans lequel il y a, parait-il, une campagne de pub pour le
tourisme en Norvège.
jeudi 24 mai 2012
Soleil de minuit
Pour la première soirée raisonnablement dégagée et pas trop
mal placé, malgré l’île au nord d’Havoysund, il ne fallait pas rater
l’occasion. Evidemment c’est inphotographiable par un amateur qui ne connaît
que le mode automatique de son appareil.
Mais le soleil restant, selon mes savants calculs de
navigation astronomique, à quelques degrés au dessus de l’horizon, il n’y a pas
vraiment eu ces lumières de soleil couchant espérées. Il a tout juste disparu
derrière l’île. Quelques belles photos, mais la lumière est trompeuse (sous
expositon) car en fait il faisait tout à fait jour comme sur la dernière photo.
Toutes les vues ont été prises autour de minuit
Pendant ce temps là, vers le sud :
Voilà ce qu’il aurait fallu montrer
Apparemment ‘temps de chiottes’ jusqu’au 1er
juin ! A cause de la pluie, le blog risque d’être au régime sec.. Encore une fois, patience patience !
Honningsvag
Ce village, presqu’une ville, conteste à Hammerfest le
statut de ville la plus septentrionale. Mais il semblerait que, malgré le
tourisme lié au Cap Nord, la bataille soit perdue car la tendance est plutôt au
déclin du lieu. Pour preuve, ce qui a été ma déception suprême, la disparition,
il y a deux ans, du bar qui brassait sa propre bière, appelée Sorry Mack, pour
contester (encore) à la brasserie Mack de Tromso (qui produit l’Artic Beer) son
statut de …..brasserie plus septentrionale !
Comme toujours depuis Tromso, Ilanoo est le seul voilier dans les parages
Incontestablement le Cap Nord est le produit phare
d’Honningsvag, et le 71ème est hautement symbolique, pas seulement
pour ses morues. Bref ici tout est ‘artic’, tax free et souvenirs. Les moyens de transport proposés ne semblent pas très écolo! un
malheureux huskie contre une dizaine de quads et autres hord-bords et motoneiges!
Toutes les villes du Finnmark ont été rasées par les
allemands pendant leur retraite, ici face aux russes, qui n’y sont pas allé non
plus de main morte en matière de pilonnage. Tout a donc été reconstruit (avec
l’aide du plan Marshall apparemment) juste après guerre, et tous les villages se
ressemblent un peu. Donc Honningsvag ne présente pas de caractère particulier,
sauf son front de mer.
Ce petit port de pêche n’est pas fréquenté par les pêcheurs
itinérants, qui de janvier à avril viennent de toute la Norvège et de Finlande
s’éparpiller des Lofoten jusqu’au Cap Nord et pêcher leur quota, en général sur
de petits bateaux peu habitables. Donc pas de rorbuer, ni la moindre facilité
(douches, machines à laver) contrairement à Havoysund par exemple. Et après
avoir promené dans les rues la fameuse tablette telle un compteur geiger à la
recherche, vaine, du moindre WiFi gratuit, et avoir un peu plus vidé mon compte
au profit du vinmonopolet le plus septentrional (et le plus petit en surface
jamais vu !), retour à Havoysund, plus propice à poireauter une semaine,
sous un beau soleil.
Tiens, cela faisait longtemps, une photo d’un joli bateau
‘traditionnel’ du coin, ici un gros méthanier pour le transport du gaz liquide
(liquéfié à Hammerfest).
Confronté à un courant contraire assez fort dans le sound au
sud ouest de Mageroy (je ne dispose pratiquement d’aucune info sur les forces,
directions et heures des courants), sound assez spectaculaire, j’ai utilisé mon expérience d’ex kayakiste
d’eaux vives pour utiliser les contre-courants derrière les pointes et faire
des ‘bac’ pour passer d’une rive à l’autre. Ruses de sioux qui ont laissé les
rennes qui paissaient dans le coin totalement indifférent
Quelques maisons, deux quais sur pilotis dans un endroit
inaccessible apparemment autrement que par l’eau suffisent néanmoins pour
bénéficier du réseau de téléphonie mobile ! Telenor assure manifestement
mieux que nos opérateurs !
Les conditions étant agréables, à part la température, j’ai
hésité à rester en mer quelques heures pour assister à un soleil de minuit,
mais ai finalement opté pour une observation terrestre
les deux "Cap Nord"
Après avoir dit que oui, puis que non, n’arrivant pas à
entamer le chemin de retour sans qu’un symbole ne marque la fin de la route
nord, et sachant que de l’autre coté de ce fichu cap, Honningsvag dispose d’un
vinmonopolet qui fait cruellement défaut ici (Havoysund), compte tenu de la
semaine de mauvais temps qui s’annonce, bref quand faut y aller, faut y
aller !
En route donc, dans l’ambiance propice : ciel plombé,
paysage quasi de désolation, bonne houle résiduelle du coup de vent précédent,
clapot infernal à chaque pointe de la terre, et peu de vent. Bref Ilanoo a été
bien secoué et d’ailleurs toutes les photos sont floues
Passant entre des îlots réserve ornithologique, les oiseaux
sur l’eau se comptaient par centaines, majoritairement des pingouins,
guillemots et macareux.
Il y a en fait deux caps nord : le ‘vrai’ qui est
effectivement le point le plus nord de l’Europe mais plutôt bas sur l’eau, il
est beaucoup moins spectaculaire que le Cap Nord spécial tourisme, et il est
aussi moins accessible à pied. Sur les photos : le vrai avec le faux en
second plan, puis chacun des deux pris entre les deux.
Personne sur le belvédère pour admirer la bravoure de ce
voilier. Il faut dire que le guide du Routard fait tout pour décourager de venir jusque là. Ilanoo ne sera dans aucune pellicule, pardon, carte SD.
Par contre un pêcheur ratissait le coin en tirant une ligne
à assez grande vitesse (8 noeuds).Je ne sais pas ce qu'il y a au bout de la ligne et ce qu'il peut attraper comme ça. En vert sur la 3eme image, sa trajectoire.
Et c’est donc en face du vrai cap que la latitude la plus
élevée de ce périple a été atteinte, après 2321 milles (4300 km) depuis Saint
Malo.
De l’autre coté du Cap, encore des pêcheurs sur toute sorte
de bateaux, et très au loin, la Russie, que finalement je n’irais pas titiller
et arrivée à Honningsvag en pleine ‘nuit’ dans une ambiance
particulièrement humide
Le bilan carbone de la virée n’est pas terrible car une
bonne partie des 50 milles a été faite au moteur, faute d’un vent suffisant
pour stabiliser les voiles dans le clapot. D’ailleurs globalement, malgré le
déplacement majoritairement aux énergies renouvelables, la consommation de
gazole depuis le départ, entre chauffage, route et manœuvres dans les ports, est loin d’être
négligeable (pratiquement 500 litres à ce jour), sans compter les heures
branchées sur le réseau électrique, heureusement quasiment 100% renouvelable en
Norvège.
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