vendredi 9 mars 2012

limites de l'exercice



je me suis trouvé confronté aujourd'hui à la limite de l'exercice consistant à naviguer seul. Ayant décidé de rejoindre une anse préalablement repérée et décrite comme bien abritée (pour pouvoir ausculter le pilote) je prépare l'ancre, m'approche jusqu'à avoir 4m de fond, mouille l'ancre, les 20m de chaine et encore une bonne dizaine de mètres de corde, et hop une belle rafale, peut être due à la montagne (vent catabatique je crois, fallvind en norvégien), prend le bateau en travers, et c'est parti pour un joli dérapage et comme les fonds descendent rapidement, cela ne risque pas de raccrocher. Il a donc fallu remonter tout ça, sans pouvoir mettre le bateau face au vent puisque je ne peux pas être au four et au moulin. Heureusement il y avait de l'eau à courir.


 
 Sinon je ne sais pas comment je me serais tiré de cette situation. Et au final, un petit ponton de pêcheur a fait l'affaire, mais il a fallu l'aide d'un autochtone pour s'amarrer, toujours à cause des rafales

Et ensuite, bien à l'abri, relativement au chaud, un petit porto, la notion de refuge, voire de cocon prend tout son sens.


Break, broke, broken (si mes souvenirs sont bons)

Le pilote a définitivement rendu l'âme dans un râle impressionnant. Il faut dire, que tout comme le « capitaine », il a perdu pas mal de dents, et que malgré le génie du bricolage dudit « capitaine », c'est irréparable avec les moyens du bord.



Donc break dans l'épopée! Va donc falloir trouver un accastilleur qui va bien vouloir commander les pièces, si tant est qu'elles soient toujours en vente, puisque bien sûr ce pilote là ne se fait plus. Cela va probablement m'occuper un certain temps et de toute façon il faut que je quitte mon trou pour rejoindre une ville d'ici lundi au plus tôt. L'arrivée en temps et en heure (le 23 mars) est plus que compromise. Je sens que ça va se finir à Alesund

Et il va sans dire que sans pilote, l'autonomie est limitée, d'autant que les avis de « kuling », l'équivalent norvégien des « gale warning » sont répétés à la VHF 6 fois par jour!. Les noms des sites norvégiens sont tellement barbares, ou plus exactement la façon de les prononcer, que pour la diffusion en anglais des « kuling » (ce qui est une excellente initiative soit dit en passant) à chaque nom on a droit, par exemple, à la séquence suivante :
« Stavern, I spell Stavern, sierra tango alpha victor echo romeo november ….. »

jeudi 8 mars 2012

Maloy, encore et toujours

Face à la situation, aujourd'hui j'ai pris un peu de hauteur....



Après m'être fait virer de l'office de tourisme où j'étais scotché devant le PC (dur dur de se défaire du fil à la patte!) suis monté au Veten (613m) et ai fait mes premiers pas …. dans la neige, du moins ce qu'il en reste. Beaucoup de vent, difficile de rester debout

Et ce soir ça souffle dur, le bateau est écrasé contre le ponton, ça grince, ça cogne, et il tombe des cordes... Je me souviendrais de ce coin!

Manifestement je ne pourrais pas passer le Stad avant lundi, voire mardi. En attendant, je vais aller mouiller dans un trou, peut être bien coupé du monde, donc suite des « aventures » reportée à une date indéfinie

mercredi 7 mars 2012

de Florö à Maloy



Au nord de Florö la côte part vers le nord est. L'angle est matérialisé par une pointe, le Stad, Statt, Stattlandet, Stadlander et j'en passe selon les documents. A cet endroit le skjaergard est interrompu et il faut donc impérativement passer en pleine mer. Comme beaucoup de cap, celui-ci a mauvaise réputation car la mer y est souvent mauvaise. D'ailleurs l'été, il y a des convois d'organisés pour accompagner les petits bateaux (sans préciser ce qu'est un petit bateau) qui souhaitent franchir ce Stad. Bref les guides conseillent de n'y passer que par beau temps. Ca tombe mal, car ayant mangé mon pain blanc en matière de météo, les coups de vents s'enchainent jusqu'à l'horizon des 7 jours des prévisions disponibles. Mais en cette fin d'après midi de mercredi, le vent faiblit à 15 nœuds après avoir soufflé à 40-50 nœuds la nuit et le matin et de revenir à 30 le jeudi. On peut appeler ça une fenêtre météo. Mais pour être en fin d'après midi du coté du Stad, il faut quitter Florö vers midi, alors que le vent annoncé est encore de 30 nœuds. Qu'à cela ne tienne, je fais le même raisonnement qu'à Tananger (eaux abritées, vent portant) en pariant que le vent aura chuté lorsque j'arriverais en mer dégagée et en espérant que celle-ci se calmera très vite (mais comme c'est un vent du sud, il n'y a pas de grande houle. Me voilà donc parti vers 13 heures avec un petit bout de génois déroulé. Eh bien j'ai été servi! D'abord je me suis pris un paquet de rafales de plus de 40 nœuds (dont une à 49,6 dixit l'anémomètre, précisément à 13h19) et eaux abritées mon œil, dans le premier fjord, pile dans l'axe du vent il faut dire, les vagues ont vite été suffisamment importantes pour que le pilote ne fasse plus face. Le tout sous une pluie battante, bref le climat norvégien comme on l'imagine. Donc aucune envie d'aller voir l'état de la mer dégagée, même si le vent doit baisser, et application du plan B (envisagé dès le départ), première à droite dans le Froysjoen pour rejoindre « tranquillement » Maloy après quelques zigzag. Très beau spectacle malgré le plafond bas et la pluie, et bien sûr pas de photos à la hauteur. 




Le fjord contourne le Hornelen qui cumule à 889m. Cela se traduit encore par de belles rafales de vent, un peu dans tous les sens, mais sur une eau plate cette fois, mais toujours sous la pluie, limite neige, et à 4°. Bien seul sur l'eau à part quelques ferries dont un dit rapide qui circule à 40 nœuds!

Arrivée à Maloy bien trempé et le constat que 1) le bateau assure toujours, 2) je suis équipé sauf en ce qui concerne les gants!! Et bien au chaud dans mon cocon, une bonne bouffe, un petit coup de vin, va bene!

Et malgré des conditions plutôt inconfortables, pas d'état d'âme à me demander ce que je fous là à me geler pieds et mains! Pendant toutes ces nav, j'essaye de trouver des mots pour décrire mon état d'esprit, ce que je ressens, où est le plaisir, etc... Mais pour l'instant, pas de fibre littéraire, et il faut se contenter d'une description terre à terre des évènements

mardi 6 mars 2012

Florö

C'est "couillon", j'ai accès à Internet depuis le bateau, mais rien à raconter! Florö, ville la plus à l'ouest de la Norvège n'a pas de charme particulier, si ce n'est son cadre général à l'entrée d'un fjord.


Bien que la neige paraisse assez loin, j'ai  croisé quelques skieurs de fond skis à la main. Ca s'approche!

Globalement il y a quand même plus de blond(e)s qu'en France. Ce sont surtout les enfants, de moins de 10 ans à la louche, qui sont tous incroyablement blonds.

En fait je raconte des salades depuis le début: pour de vrai je suis en Suisse :


On s'y croirait non?

 et ce fichu blog à alimenter!!!!

lundi 5 mars 2012

de Tananger à Florö : Fjords et premières neiges

le 3 mars


depuis hier la météo norvégienne annonce un coup de vent de sud est force 7 à 8 sur le sud de la Norvège. Oui, mais
  1. ce sera un vent de terre, qui de plus décroit rapidement vers l'intérieur des terres
  2. ce sera du vent portant
  3. ce sera dans le fameux skjaergärd (le 'ae' ne forme qu'une lettre), cette zone entre le continent et les iles qui protège du large.
Donc let's go. Et du coup une belle nav, parfois bien ventée, mais sur une mer effectivement lisse et avec les monts enneigés en fond de décor.


Navigation active car d'une part il y a encore du monde dans le fjords, en atteste cette liste à portée de récepteur AIS


et d'autre part il faut trouver son chemin et enfin le vent est très irrégulier en force selon l'étroitesse du fjord et la hauteur des rives. Donc pas mal de manœuvres de voiles. Bref du sport, et bien content de trouver un petit coin où jeter l'ancre, arrivée par nuit noire, merci la nav électronique. Ce sera le premier mouillage sauvage.





Le 4 mars


petite étape, pour manque de vent l'après midi car le matin cela soufflait encore bien.


J'ai vu de mes yeux vu l'image d'Epinal de la Norvège : la petite maison en bois,son îlot plus ou moins boisé, et le drapeau indiquant la présence de l'habitant.


Et second mouillage « sauvage », mais pas le bon, c'est à dire avec moins de charme que prévu, par mauvaise association entre le guide nautique et la carte. C'est la première fois que je navigue sans aucune carte papier. J'ai deux guides, un papier, un informatique et deux jeux de cartes électroniques. Je passe un temps considérable à jongler de l'un à l'autre. D'autant qu'un même lieu est orthographié d'au moins 4 façons différentes! Il y a de nombreux ponts et câbles électriques entre les îles sous lesquels il faut passer. Les hauteurs sont indiquées sur les cartes, encore faut il avoir repéré ledit pont ou câble. Or selon l'échelle à laquelle on zoome, tous les détails n'apparaissent pas!

Le 60° N a été franchi. Certes ce n'est pas aussi symbolique que le cercle polaire, sauf pour l'assureur! Au delà de cette latitude il faut prendre une extension

1000 milles depuis Saint Malo ont été parcourus. Jamais je n'ai navigué autant en ligne droite!

le 5 mars


Je suis passé devant l'entrée du Sognefjord, le plus long de Norvège. Les montagnes deviennent vraiment hautes. La neige se rapproche du niveau de la mer! Globalement dans le coin le paysage est époustouflant et austère. Mais le champ visuel de l'œil n'est pas celui de l'appareil photo et aucune n'arrive à rendre compte de ce que l'on voit de la mer.


J'ai croisé l'Hurtigruten, le ferry côtier, qui va de Stavanger à Tromsö, qui initialement transportait gens et fret entre les villes côtières, mais qui est maintenant surtout une croisière. Je pense que les passagers étaient au chaud, eux!



Escale à Florö peut être bien pour quelques jours, car la météo à venir est détestable. La marina est déserte! Les instructions aux visiteurs sont en norvégien, anglais, allemand, danois et hollandais, mais pas en français!! Qu'en déduire?

La température descend aussi vite que ne croit la latitude. A priori c'est normal. Sur le plan vestimentaire je n'ai pas encore sorti l'artillerie lourde, réservée au delà du cercle polaire. Et l'usage assez intensif du chauffage dégrade le bilan carbone! 

 

vendredi 2 mars 2012

Stavanger


Plaisir inestimable du petit déjeuner nordique, avec un léger sentiment de provocation à l'égard des inconditionnels des tartines ou croissants, en trempant le hareng mariné dans le café!!!



En cherchant bien j'ai fini par trouver « couleur locale »


et lors d'une petite balade, j'ai même aperçu des rennes


à moins que ce ne soient de vulgaires biches. Cette fois je serais moins catégorique que pour les pingouins


Visite à Stavanger, ex capitale du hareng donc, et maintenant du pétrole et du gaz de la mer du Nord... Hormis quelques rues typiques et le fait que les maisons et petits immeubles sont presque tous en bois (ou en bardage bois peut être), Stavanger n'est pas très dépaysant en tant que ville européenne, du moins tant qu'on n'est pas au bord de l'eau. Le port, c'est à dire en fait tout le rivage de la ville, est largement consacré aux activités marines liées au pétrole, et on y voit, de près cette fois, ces fameux supply ships, dont certains impressionnants, dont je parlais dans un précédent message.




Je me suis évertué à essayer de prendre des photos de plateformes en mer alors qu'il y avait de très belles maquettes au Musée du Pétrole!




Certains photographient églises et monuments, et d'autres des bateaux industriels et des plateformes! Ces monstres de technologie fascinent le technicien que je suis. La visite du Musée, vantant évidemment le savoir faire norvégien, (bien entendu dans le respect de l'environnement, cela va sans dire!) pour l'exploitation du pétrole et du gaz en mer du Nord, dans des conditions délirantes, m'a donné le vertige devant ce qu'on est capable de réaliser. Espérons que les enjeux économiques des énergies renouvelables conduiront au mêmes efforts.

Normalement demain je bouge, vers le nord ou vers le fjord le plus proche.